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Déforestation en Amazonie

vendredi 4 août 2006, par Cyril

Dernièrement, j’ai mis en ligne des récits qui se passaient en Guyane et au Brézil, le problème de déforestation y est abordé (avec quelques photos à l’appui pour la Guyane).
J’ai donc naturellement voulu jeter un petit oeil pour voir où cela en était. Bien sûr, il y a plein de sites qui traitent du sujet, et j’ai volontairement pris des sites scientifiques ou ministériels ainsi que quelques journaux pour essayer d’y trouver une certaine impartialité d’information.

Quelques chiffres : (Information prises sur le Monde diplomatique, l’Humanité)

Carte déforestation en Amazonie

L’exploitation intensive de la terre et du bois s’est traduite par une déforestation massive en Amérique latine. Des 998 millions d’hectares de forêts en 1970, il ne restait que 958 millions en 1980, 919 en 1990 et 913 en 1994, soit plus de 60 % de la quantité coupée sur l’ensemble de la planète. On estime, par ailleurs, la destruction de la floresta amazonica à 5,8 millions d’hectares par an. Un phénomène qui prend une dimension particulière au Brésil puisque le pays représentait 8 % des exportations mondiales de bois dur en 1995. Cette déforestation progresse d’année en année, et les études scientifiques établissent que le cycle de vingt-cinq à trente ans nécessaires pour la régénération n’est désormais plus respecté.
Sources : Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ; Global and Resource Information Database, Grid, Genève, Suisse ; Grid-Arendal, Norvège.

Au cours des trois dernières années, 47.220 km2 de forêt amazonienne ont été détruits au Brésil (dont 29.059 km2 pour la seule année 1995), indique un rapport sur la déforestation en Amazonie, rendu public à la fin du mois de janvier par l’Institut national de recherches spatiales. Cette étude souligne l’arrivée en force dans le pays de compagnies forestières asiatiques qui contrôlent 70 % du commerce des bois tropicaux. Après avoir pris pied en Amérique du Sud via le Surinam et le Guyana, nombre de ces entreprises (souvent japonaises ou malaises) ont envoyé leurs bûcherons sur les territoires des réserves indiennes, indique une étude de la chambre fédérale des députés (citée dans "le Monde") au mépris des lois brésiliennes, ou bien se sont approprié d’immenses territoires. En six ans, les exportations brésiliennes de bois tropicaux ont quadruplé pour représenter 8 % des échanges mondiaux.

Photo satellite : (prises sur le site techno-science)

En 2005, le gouvernement brésilien a déclaré que 48 % de la déforestation de l’Amazonie ayant eu lieu les deux années précédentes concernait l’état du Mato Grosso au Brézil (la partie vert est la forêt et les vides sont la déforestation). Les 2 images satellites en dessous montrent clairement la progression de la déforestation en 2002 et 2006.

Image satellite amazonie 2002

Image satellite amazonie 2006

La transformation de la forêt en sols cultivés est visible sur ces images réalisées grâce au spectroradiomètre MODIS du satellite Terra. L’image ci-dessous montre les secteurs déboisés pendant l’intervale de temps 2002 à 2006, avec les plus grands secteurs dégagés en rouge. Les zones qui n’étaient pas couvertes de forêts (naturellement ou déjà déboisées) en 2002 sont en gris clair, alors que les secteurs qui sont demeurés couverts de forêts en 2006 sont en gris plus foncé.

Quelques lueurs d’espoir :(Communiqué pris sur le site Ambassade du Brézil en France, l’internaute)

Recul de la déforestation en Amazonie :

  • Selon le Ministère de l’environnement, la déforestation devrait baisser de façon significative dans tous les états d’Amazonie sur la période 2004-2005. Les données comparées du Ministère de l’environnement sur les deux périodes de 12 mois -août 2003 / juillet 2004 et août 2004 / juillet 2005 – témoignent du recul de la déforestation : de 18 724 km2, elle est passée à 9 106 km2. Ces chiffres ne sont cependant que des estimations. La réduction de la déforestation illégale, notamment dans les états habituellement responsables de la plus grande partie du défrichage, comme le Mato Grosso, Rondônia et le Pará, ne sera confirmée qu’à la fin de l’année. Selon les analyses du Ministère, les taux de déforestation devraient reculer de 33 % dans le Mato Grosso, de 38 % à Rondônia et de 81 % dans le Pará. La déforestation a tendance à chuter dans les parcs et les réserves fédérales et des états, sur les terres indigènes, dans les zones situées de part et d’autre de l’autoroute BR-163 et dans la majorité des municipalités, à l’exception de Juara et de Feliz Natal (Etat du Mato Grosso). Dans la réserve écologique de Terra do Meio (Pará), la déforestation passera probablement de 302 km2 en 2004 à 29 km2 en 2005, soit une baisse de 90 %. Les données publiées la semaine dernière sont basées sur le Système DETER de l’INPE (Institut national de recherches spatiales). Ce système se sert des images des satellites TERRA et ACQUA qui survolent l’Amazonie quotidiennement. La résolution est de 250 mètres. Ces satellites sont capables de détecter des zones de déforestation de plus de 25 hectares. Ce système est ainsi utilisé pour indiquer où et quand la forêt a été défrichée. Il permet une surveillance et indique les changements dans les taux de déforestation.

Des progrès très encourageants

  • Il est de l’intérêt de l’espèce humaine de sauvegarder ce territoire. La régénération des forêts devrait en réalité suivre un cycle de vingt-cinq à trente ans, et ce rythme n’est aujourd’hui pas respecté. Plusieurs perspectives sont aujourd’hui envisagées afin de préserver ce biotope exceptionnel. Le Brésil, suivi par la Colombie ou l’Équateur, créent progressivement des réserves, inaccessibles aux sociétés d’extraction. 8 zones, d’une superficie inconnue, subsistent aujourd’hui, entièrement inexplorées par l’homme moderne. Les scientifiques ont pour leur part mis au point un système permettant de mesurer en temps réel la diminution de la superficie, grâce aux images satellites fournies par MODIS qui détectent rapidement les changements dans l’occupation du sol de l’Amazonie.

Terra preta, l’avenir des arbres amazoniens ?

  • L’agriculture intensive est possible dans une région de l’Amazonie, nommée "Terra preta" : cette terre, extrêmement fertile, y compris sans apport d’engrais, se renouvelle automatiquement en une vingtaine d’années si une couche de substrat de 20 cm est maintenue en permanence. Les Indiens avaient obtenu, en ajoutant du charbon à une terre pauvre, ce terreau riche en nutriments dans lequel beaucoup voient aujourd’hui une alternative pour l’industrie agro-alimentaire de ces régions : sa fertilité "naturelle" ne nécessite ainsi pas de brûler les terres, comme le prévoit la technique de l’écobuage, très utilisée actuellement. Il serait en outre un moyen d’accélérer le processus de "reforestation" des forêts amazoniennes.

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