Voyages Baroude, le site des baroudeurs. Partager pour mieux voyager.

AsieExtrême-OrientIndonésie 

Mistoulin et Mistouline en vadrouille en Indonesie - Partie III

mercredi 7 septembre 2011, par Isadora

21 Juillet 2011

Bedulu - Bangli

7h00 le réveil sonne... encore plutôt qu’hier, râle le Loulou sous le drap... Par ses chaleurs, la fraîcheur du matin est plus que bonne à prendre !!! Mais au NuriAni... ça dort toujours ! On se retrouve comme hier matin, en compagnie des coqs qui nous accueillent de joyeux cocoricos tellement sonores qu’ils ont le méritent de réveiller le jeune homme de la maison puis toute la maisonnée. Merci les coqs de sonner le petit déjeuner même si on a l’impression de réveiller tout le monde...

Nous rions à nouveau devant le rouleau de PQ en guise de serviettes,

avalons vite fait nos œufs et nos toasts, admirons les femmes qui déposent les offrandes sur tous les autels de la maison et, savourons les odeurs d’encens qui nous enveloppent. Trop bon !


A Bali, tout ce qui est beau est destiné aux Dieux. Dans ces petits paniers faits maison, on dépose une fleur de frangipanier symbole de pureté, puis une poignée de riz pour que le Dieu ou la Déesse puissent se nourrir, sans oublier d’autres petits extras (gâteaux salés ou sucrés, cigarettes, ...) pour le plaisir de ces êtres divins ! Le bâton d’encens en se consumant emporte sur ses volutes le précieux panier dématérialisé, jusqu’aux Dieux impatients de les recevoir, tous les matins !


Mon préféré, c’est lui. Ganesh le magnifique. le protecteur du foyer, l’empêcheur de tourner en rond. Avec sa longue trompe et son air jovial, moi, il me fait rire.

8h, il est temps de prendre la route sur Chouchou d’Amour. Je vérifie une dernière fois mon itinéraire. Si j’ai bien calculé, on va se faire nos premiers 30 petits kilomètres... Ubud-Bedulu-Bangli et retour.

Ne pas oublier de faire l’essence, d’emporter les sarongs et la bouteille d’eau, le téléphone en cas de pépins et surtout la carte routière. Pas de panique, on part pas non plus pour Pampelune  ! Je sais, je sais, j’ai l’air ridicule mais c’est notre première sortie loin d’Ubud la bénie des Dieux et je stresse un peu ! C’est bon, on n’a rien oublié, départ pour Bedulu (prononcé Bédoulou). Moi, je conduis et le Loulou s’occupe de la carte et de la caisse. Bé voui ! ça fait des mois que Ducros i’se décarcasse à préparer ce voyage pendant que Monsieur joue les glandouilles, il est grand temps qu’il prenne part aux festivités, non !?

7 600rps - essence - soit 0,82 centimes !!!!!
On se demande si le pompiste, il a pas un peu trop bu d’Arak (alcool de riz) mais après vérification au compteur... c’est bien le prix affiché ! On est tellement surpris que le Loulou i’se mélange les pinceaux avec les billets et ça loupe pas, on est reparti pour l’engueulade matinale, tonitruante et très fleurie. On est encore obligé d’expliquer que chez nous, ça fait circuler le sang !

Et ça continue ! Sortis d’Ubud, tout se complique car aucun panneau, ni pour Bedulu, ni pour nulle part ailleurs ! Heureusement qu’on a appris quelques mots de Bahasia (surtout moi car le Loulou, il a fait la feignasse) et nous voilà partis à nous arrêter à toutes les intersections, pour demander : Saya mau ke... Bedulu ! Traduction ’Je voudrais aller à Bedulu’. Notre accent n’a pas l’air trop mauvais puisque tout le monde nous comprend et qu’on nous fait de grands gestes pour nous indiquer la direction.
Phonétiquement le minot prend sa première leçon express de Balinais. Il prend très vite le relais et j’ai même plus besoin de m’arrêter, il crie à tue-tête "saiamaoukebedoulou", on vise la direction, on lance un Terima Kasih et c’est parti mon kiki ! On sait jamais où on est mais on n’est jamais perdu !

Bedulu - Grotte et Temple de Goa Gajah

C’est ainsi que nous arrivons à Goa Gajah, la grotte de mon ami Ganesh, la grotte de l’éléphant !

Comme à Tanah Lot, les marchands du temple sont là, juste avant l’entrée. Toujours les mêmes articles, des sarongs, des chemises, des objets en bois, en pierre, des paniers tressés... Comme nous sommes certainement les premiers touristes, vue l’heure matinale, on nous alpague de tous côtés pour nous inciter à l’achat... Terima kasih par-ci, Terima Kasih par-là, ils comprennent vite que nous sommes les plus mauvais clients du jour ! Nous filons tout droit vers la caisse pour payer l’entrée du sanctuaire et nous drapons de nos sarongs.

15 000rps - entrées du temple - 2 000rps - parking - 10 000rps - donation (celle-ci est libre de tout montant, on donne ce qu’on veut au gardien dans l’enceinte du temple, en remplissant un registre ou livre d’or).

La guérite passée, un escalier entame sa vertigineuse descente vers une gorge que la jungle recouvre. Tout en bas nous apercevons les bassins du temple. Six statues de femmes, trois par bassin, laissent s’écouler l’eau sacrée.

Et voui, ici aussi, tout comme à Tanah Lot, l’eau a des pouvoirs magiques. Celle-ci donne la jeunesse éternelle, rrrien que ça ! Je vous dis pas comme je m’empresse de tremper mon visage, mes mains et tout ce que je peux, histoire de plus me décrépir plus que je ne le suis déjà ! Qui ne tente rien n’a rien, pas vrai !?

Même le minot se met aux ablutions magiques !

Pour de bon, je l’ai contaminé !

Puis on se dirige vers la bouche du démon pour qu’il décide ou pas de nous avaler...

... mais il nous recrache aussitôt ! Deux Marseillais, ça doit pas être trop digeste...

Trêve de plaisanterie car il ne faut pas rire des choses sacrées ! La franche vérité !? Eh bé, ce rituel est très émouvant ! On a fait tout comme i’fallait, dans le silence le plus respectueux et on est ressorti du bassin et de la grotte, tout émotionné ! Véridique !

Un gardien lit son journal. Les hommes qui entrent dans le temple doivent être vêtus de blanc et ceindre le Uden, bandeau sur la tête, qui signifie "Mon esprit appartient aux Dieux"... Trop beau...

Je le dérange un peu afin qu’il me donne quelques explications sur ce site magnifique car le routard est toujours aussi léger au niveau des infos historiques... J’apprends ainsi que le sanctuaire date du XI° siècle et que la grotte du démon est en fait un ancien ermitage, directement creusé dans la falaise. A la pleine lune, des cérémonies se déroulent dans le temple. C’est le seul moment où il est permis de s’immerger totalement dans les bassins... Nous ne sommes pas à la pleine lune et c’est bien dommage car j’aurais bien tenté le bain intégral nocturne !

Nous continuons notre visite des lieux dans un silence royal que je savoure. Je ne sais pas si nous avons de la chance mais jusqu’à présent, tous les lieux visités sont déserts de touristes... Pourtant ils sont bien là ! Ils grouillent dans Ubud, de jour et de nuit... mais ils ne sont jamais là où nous sommes et c’est tant mieux !

Un chemin descend toujours plus bas vers cette nature luxuriante et généreuse. Nous baignons dans un vert aux nuances confondues... c’est magnifique...

Encore plus bas, un vieux panneau oublié "Temple" pointe en direction d’un tout petit chemin qui s’engouffre dans la jungle... Pour qui me connaît, je ne peux résister aux chemins de traverse... Le Loulou me suit à reculons avec la peur du serpent au ventre et il n’arrête pas de me dire que nous sommes très très mal chaussés ! J’avais pas prévu les godillots, cette balade n’était pas sur le routard et nous sommes en tatanes  ! Nous arrivons ainsi jusqu’à une rivière...

... et le chemin continue. Malgré les inquiétudes de mon Loulou, je décide d’encore pousser plus loin. Là, je suis en émerveillement devant des plantes gigantesques qu’on ne connaît chez nous que minuscules et dans des pots ! Je suis en émerveillement devant les lianes qui se déroulent devant nous... En émerveillement à l’écoute de tous ces oiseaux qui chantent dans ce toit de verdure qui nous surplombe...

... et ne vois pas la tête de mon minot. Il est blanc de chez blanc et n’est pas loin de me faire le malaise dont on ne se remet pas. Je m’en veux d’avoir sous-estimé sa peur du serpent et même s’il m’a suivi jusqu’à maintenant, je sens qu’il n’ira pas plus loin. Nous rebroussons chemin aussitôt mais je sens qu’il m’en veut et il n’a pas tort ! En tatanes dans la jungle, ce n’est pas bien prudent !

Nous remontons vers le sanctuaire dans une nature plus ordonnée avec des arbres gigantesques mais sur un chemin plus balisé.

Nous retrouvons le Banian qui marque l’entrée du temple, nous sommes revenus à la civilisation.

J’explique au Loulou que des esprits divins vivent dans ces arbres sacrés et qu’il est formellement interdit de les blesser... mais toutes mes histoires le laissent impassibles. Ma petite excursion en tatanes n’est toujours pas passée...

Nous sortons du temple dans un silence de mort car le Loulou brègue, maronne, en bref i’me lève la parole ! Quand tout à coup... nous tombons sur quoi !? Je vous le donne en mille !?

Le serpent déclencheur d’un flot de paroles !

Et je te l’avais dit ! C’est cafi de serpents ici ! Et ties folle ! J’ai une mère qu’elle est folle ! Je te préviens ! C’est terminé les escapades n’importe où, n’importe comment ! Non mais tias vu la longueur de la bestiole !? Mais tu veux me faire mourir ou quoi !? Ma mère veut me suicider ! C’est ça, tu veux me suicider !

Le pauvre Balinais avec son serpent autour du cou, nous regarde interloqué et ne comprend pas un mot de ce que le Loulou me débite... Je lui explique qu’on s’engueule pour faire circuler le sang mais mon explication n’a pas l’air d’éclairer sa lanterne.

Dès le remontage de bretelles terminé, (chez nous, c’est toujours très bruyant mais jamais très longuet), nous revoilà sur Chouchou d’Amour en direction de Yeh Pulu qui n’est pas très loin sur la carte. Mais tourne-vire, la route qui figure sur notre carte, n’existe pas dans la réalité. A force de nous voir faire des demi-tours sans fin, un Balinais en voiture m’interpelle et me demande où je veux aller.
Saya mau ke Yeh Pulu que je lui fais et le voilà qui me fait signe de le suivre. C’est pas gentil ça !? De longue, les gens i’sont gentils, aimables et serviables... Boudie que ça fait du bien !

Il nous mène à destination en trois petits coups de volant puis descend de voiture et engage la conversation avec nous. Les Balinais sont très curieux et très directs dans leurs questions... Ils veulent TOUT connaître de vous et sont toujours très surpris d’apprendre que nous venons de si loin pour visiter leur île. Ketut (c’est son nom) est encore plus surpris d’apprendre que nous pousserons le voyage jusqu’à Flores et encore plus plus plus surpris de savoir que je voyage seule avec mon fils ! En discutant avec les locaux, je me rends compte qu’ils voyagent très peu à l’intérieur de leur propre pays... certains n’ont jamais quitté Bali... D’un autre côté, l’Indonésie est composée de plus de 76 000 îles... Paraît qu’il faudrait 50 ans pour toutes les visiter en n’y restant qu’un seul jour sur chacune ! Dans ces conditions, ça parait difficile de tout connaître de son pays ! Et puis il y a l’argent, ce nerf de toutes les guerres... Ketut voudrait bien rester avec nous toute la journée à discuter... Nous sommes en semaine, il n’a pas l’air de travailler et conduit une belle voiture... Que fait-il dans la vie ? Je n’ai pas trop l’occasion d’en savoir plus, le Loulou commence à s’impatienter, faut dire que le soleil commence à cogner et qu’il n’y a pas d’ombre...

Bedulu - Yeh Pulu

22 500rps - entrées du site - 2 000rps - parking

Yeh Pulu est à 2km seulement de Goa Gajah... je suis convaincue que les deux sites communiquent par le sentier dans la jungle que nous avons abandonné... Nous ne venons pas voir un temple mais une fresque gravée dans la falaise. De nombreux routards sur les forums en parlent comme d’un lieu pittoresque au milieu des rizières, un lieu énigmatique également car son origine reste encore mystérieuse.

La balade dans les rizières est très agréable et reposante, pas un bruit et toujours rrrien que nous sur le chemin ! Les Dieux nous préserveraient-ils de la foule !?

Sans difficulté, nous arrivons à la fresque qui fait 25 mètres de long, à flanc de falaise.

Nous ne sommes pas seuls, un couple avec un guide est déjà sur les lieux. J’en profite pour écouter discrètement les commentaires historiques qui me manquent toujours autant. La fresque représenterait des scènes de la vie de Krishna et serait le seul site sur l’île à dater du moyen-âge... Les Balinais disent que c’est un géant qui, du bout de son ongle, aurait gravé la frise juste après avoir creusé la grotte de Goa Gajah. Le Loulou et moi, adoptons cette version tellement jolie !

Devant mon ami Ganesh, une vieille dame semble nous attendre.
D’un Selamat Pagi, le bonjour du matin, elle nous invite à une petite bénédiction.

Une poignée de riz sur le front, un petit coup de goupillon sur la tête avec de l’eau sacrée et puis elle nous tend sa petite corbeille. Nous ne sommes pas dans un temple mais nous faisons tout de même notre petite donation. Sauf que, n’ayant que des gros billets sur nous, nous ne laissons que 5 000rps. Mamie n’est pas contente et nous le fait bien comprendre même si elle ne parle pas un mot d’anglais ! On se sent terriblement mal, j’aurais du partir avec plus de monnaie... Je ferai mieux la prochaine fois. Le guide qui voit mon embarras me dit de ne pas m’inquiéter, qu’on donne ce qu’on veut et que la mamie est un peu acariâtre ce matin... car il y a peu de touristes en ce moment... Elle et son mari entretiennent le site, ils font parti du lieu tout comme Ganesh sculpté dans la falaise.

Nous revoilà partis. Sur le chemin de retour, toujours personne... On se demande vraiment où sont les touristes qui grouillent dans Ubud ! Nous ne sommes pas loin de midi, la soif commence à nous tarauder et l’eau de notre bouteille... est déjà trop chaude ! Nous nous arrêtons au Yeh Pulu Café, toujours dans l’enceinte du site. La vue est époustouflante de plénitude et de sérénité ! Seul le bruit des canards dans les rizières vient perturber ce silence, royal.

Nous commandons deux jus d’ananas. La serveuse prend une espèce de long couteau et découpe devant nous un ananas qu’elle prend sur un grand tas, à une vitesse qui nous sidère ! Puis broum broum dans un mixeur avec des glaçons et voilà déjà les deux verres sur la table. La franche vérité !? Un régal, même si les glaçons nous inquiètent un peu... Mais bon, on va pas commencer à trembler pour tout, pas vrai !? C’est comme cette histoire de chaussures ! Le routard nous dit qu’il faut pas trop marcher pieds nus à cause des fientes de poulets et autres bactéries, microbes qui n’attendraient que nous, pour nous faire la misère !... Eh bé les chaussures, nous, on les enlève à chaque fois qu’on rentre quelque part ! C’est pas poli de rentrer chez quelqu’un avec ses tatanes  ! Alors, on fait comme tout le monde, on se déchausse et en galère les microbes !

En parlant de Routard, qui ne me quitte pas, je lis que dans ce café, on mange le meilleur Black rice pudding du coin ! A tomber dans la rizière, paraît-il ! Je me laisse tenter surtout que je n’ai jamais goûté de riz noir.

Bof bof... je ne tombe pas dans la rizière ! Trop liquide... et trop chaud... En plein hiver, à la limite, je dis pas... mais là, franchement, c’est pour moi, hors contexte.

Sur le dos de Chouchou d’amour, nous étalons notre carte pour que le Loulou repère un peu les intersections qui nous causent toujours autant de soucis dans ce pays. Après un bref repérage et la conservation de la carte en main, nous reprenons la route pour Bangli, plus au nord.

Nous roulons vite, de plus en plus vite car la route est bonne et en ligne droite ! Quel dommage d’avoir ce casque sur la tête ! A mon époque, il n’était pas obligatoire et c’est cheveux au vent que nous roulions alors... Tant pis pour les cheveux au vent, paraît que la Police ici, se fait une spécialité d’épingler les touristes pour le non-port du helmet ! Ici personne ne le met mais nous, faut qu’on ait le permis international bien tamponné et le casque sur la tête sinon, c’est l’amende ! Pourtant, la Police, on ne la voit pas ! Nous n’avons pas vu l’ombre d’un uniforme depuis notre arrivée, c’est fou ça ! Mais faut dire aussi qu’on n’a vu aucun stop, aucune limitation de vitesses et le seul feu rouge qu’on ait vu, c’est celui de ce matin, à la sortie d’Ubud ! Ceci explique peut-être cela... va savoir !

En tous les cas, casque ou pas, police ou pas, nous nous régalons sur le scoot. On s’arrête où on veut pour prendre des photos, on bifurque si quelque chose nous interpelle, on se sent comme partie intégrante de cette nature si riche en odeurs, senteurs... On se sent également plus proche de la population qu’en voiture. C’est fou le nombre de "Hello" qui nous accompagnent tout au long du chemin, d’ailleurs on ne fait que chanter et saluer les gens tout du long ! Ils sont tous tellement contents de nous entendre dire Selamat Sian, le bonjour de l’après-midi et nous répondent par des sourires qui vont droit au cœur, surtout celui des enfants !

De temps en temps, nous apercevons le sommet d’un volcan. Agung ou Batur !? Nous ne connaissons pas assez bien le relief pour nous y reconnaître mais c’est très beau. Il domine l’île de toute sa majesté comme un grand roi sur son domaine... Sentiment de petitesse humaine, face à cette nature si forte et si présente ici.

C’est heureux et emplis d’images envoûtantes que nous entrons dans Bangli. Le temple de Pura Kehen (Pura veut dire temple en Bahasia), se trouve à la sortie du village. C’est le temple le plus vénéré de Bali selon le Routard et le Lonely Planet.

Bangli - Temple de Pura Kehen

L’entrée est particulière. On a comme l’impression de rentrer dans un village à l’intérieur du village. Une rue rectiligne avec à droite les habitations bien alignées, à gauche, un immense escalier qui monte au temple. Encore une fois, le lieu est désert de touristes !

Nous garons Chouchou devant ce qui nous semble être une espèce de troquet... où de nombreux Balinais sont assis à boire un verre. En enlevant mon casque, ils me regardent tous, comme une bête curieuse... J’en suis presque à me demander si j’ai bien le droit de me garer là... Mais, devant mon air interrogatif, tous, me font signe que c’est bon ! Curieux, tout ça...

Sous un soleil de plomb, nous entamons l’ascension de ce gigantesque escalier. Une énorme porte marque l’entrée de l’enceinte sacrée. Elle représente le bien et le mal confondus que les hommes et les Dieux se doivent d’équilibrer... Tout un programme !

Dès nos premiers pas dans l’enceinte, moi et même le Loulou, sommes saisis d’une paix, descendue du ciel que c’est pas possible autrement ! Je suis obligée de m’asseoir sur les marches de la première enceinte afin d’assimiler cette énorme plénitude alors que le Loulou poursuit sa visite en solitaire. J’en profite pour en allumer une car sur le scoot, c’est pas facile de fumer ! Je sais, je sais, j’avais promis d’essayer d’arrêter de fumer au pays des Dieux mais à 0,90 centimes d’euro le paquet, difficile de résister ! Et voui, on peut fumer dans un temple, ici c’est pas comme en Europe même les Dieux i’fument ! La preuve, on leur offre des cigarettes en offrandes !

Au moment où je me croyais seule au monde (avec le Loulou que je sais plus où il est), un homme vient s’asseoir près de moi. Je devine que c’est le gardien du temple car il est tout en blanc. Je le salue en Indo, il me rend mon salue mais ne dit rien d’autre. Je lui offre une cigarette qu’il accepte avec plaisir et nous voilà tous deux, à savourer ce moment délicieux devant la porte du bien et du mal réunis. Une cigarette, ça dure à peu près cinq minutes (je fume des longues)... eh bé, ces cinq minutes-là... je suis pratiquement sûre que je vais pas les oublier de sitôt ! Que le silence est bon lorsqu’il est partagé !!!

Je ramasse nos deux mégots que je fourre dans mon sac à dos et comme deux vieux amis, le gardien et moi, on se met à tailler la bavette ! Il parle un Anglais parfait qui permet une communication beaucoup plus riche que toutes celles que j’ai eues jusqu’à présent ! A l’ombre du Banian sacré, la discussion est savoureuse.

Il m’explique que dans ce temple habitent les âmes divinisées des rois défunts de Bali, qu’il y a trois cours dans l’enceinte et qu’elles se visitent toutes contrairement aux autres temples de l’île. Toutes les questions que j’accumule depuis cinq jours fusent dans ma tête, je dois donner l’impression d’être totalement dispersée mais c’est pas grave, il est celui qui va m’éclairer ! En commençant par le lait ! Pourquoi des vaches et pas de lait !? C’est parce que les vaches Balinaises ne sont pas laitières ! Bé voui ! J’aurais du y penser ! Pourquoi les statues des temples ou les banians sont-ils habillés de sarongs à carreaux noirs et blancs !? Parce que noir pour le mal, blanc pour le bien, et que ce sarong symbolise le combat entre ces deux forces que les Dieux et les hommes doivent équilibrer ! Simple comme un bonjour...

Puis, nous bifurquons sur l’Hindouisme très particulier de Bali qui est unique au monde car il inclue certains aspects du Bouddhisme... Là, j’avoue, je suis un peu larguée... Ce que je retiens, c’est qu’il y a 300 divinités sur Bali ! C’est pas rien quand on pense que par chez nous on se fait la guerre, rrrien qu’avec un seul dans chaque camp ! Qué misère ces monothéismes ! Le guide me répond que l’idée de monothéisme n’est pas absente de l’Hindouisme... Là, je suis à nouveau perdue... Les trois Dieux principaux Brahmâ le Créateur, Vishnu le Mainteneur et Shiva la Destructrice sont une sorte de trilogie... Donner la vie, la préserver, la reprendre... Ces trois Dieux sont comme qui dirait les trois faces d’un même Dieu ! Dit comme ça, c’est vrai que ça parait simple... mais à y réfléchir... c’est tout aussi compliqué que notre propre Trilogie avec cet Esprit Saint, que j’ai jamais compris ce qu’il représentait vraiment ! En tous les cas, on va en voir des temples car mon gardien m’en annonce 10 000 rien que sur Bali ! C’est un minimum vu le nombre de divinités ! Le Loulou, i’va m’en faire une overdose, c’est sûr ! D’ailleurs, en parlant du Loulou, où qu’il est !? Devant mon inquiétude, mon gardien, dont je ne connais pas le nom, disparaît comme il est venu et je m’empresse d’entrer dans le sanctuaire, par une nouvelle et toute petite porte.

Ce que je découvre est magnifique. Une deuxième cour avec mon Loulou de fils, assis, comme en admiration...

Nous continuons la visite ensemble, toujours dans un profond silence mais main dans la main, émus, devant tant de beautés et de paix.

Mais la journée se termine et il nous reste toute cette route à faire pour rentrer sur Ubud. Le facteur temps est très difficile à gérer avec ce soleil si fort et si brûlant mais qui nous quitte pourtant, si tôt !

13 000rps - entrées du temple - 1 000rps - parking - 10 000 - donation

Nous retrouvons Chouchou, bien gardé par les hommes, toujours attablés dans ce qu’on croit être un troquet... Nous mettons nos casques quand soudain, une voix en Français nous interpelle ! Un Balinais, parmi les autres hommes attablés, s’adresse à nous avec un sourire à tomber par terre ! Toujours les mêmes questions, d’où l’on vient, où l’on va, où l’on séjourne, où est mon mari, quel âge à mon fils, ce que je fais comme métier... Tout y passe, dans un Français parfait ! Quand je lui demande où il a appris notre langue, il me répond qu’il apprend avec deux livres et une K7 depuis deux ans maintenant ! Incroyable, non !? Nous ne pouvons partir. Le personnage est trop sympathique et trop surprenant. Nous restons un moment à discuter de tout et de rien quand l’essentiel est dit. Je lui demande pourquoi il ne fait pas guide Français pour touristes car ils ne courent pas les temples ! Il me répond que la licence est trop chère... 4 000 000 de roupies... 329€... C’est déjà une somme pour nous mais pour un Balinais, c’est une somme bien plus importante... J’ai lu quelque part que le salaire moyen est de 60€... quand on a la chance d’avoir un vrai travail ! Ce qui n’est pas le cas de tous les Balinais qui cumulent tout un lot d’activités précaires... C’est avec tristesse que nous quittons cet homme si avide de parler notre langue... mais, il nous faut rentrer, le soleil décline toujours... Je lui demande tout de même, en démarrant Chouchou, le pourquoi des regards étranges à notre arrivée... Il me sourit tout aussi étrangement mais ne me donne aucune réponse... Je n’aurais jamais le fin mot de l’histoire !

Sur la route, je raconte au Loulou tout ce que j’ai appris dans la journée. Voui  ! A présent, je peux conduire et parler en même temps ! D’ici que je fume aussi, comme tout le monde ici sur un scoot, on n’est pas loin ! Je suis aux anges, une journée riche en connaissances et en belles rencontres. Le Loulou aussi est heureux, il chante, dit bonjour à tout le monde, en souriant ! C’est pas beau, ça ! Bali est vraiment l’île des Dieux !

Dans un village, nous apercevons tout un attroupement autour d’un temple, non touristique. Tant pis, pour l’heure, on s’arrête ! Je me rends vers le lieu où sont rassemblés tous les hommes pour demander si nous pouvons entrer. Comme nous sommes vêtus de nos sarongs, ils acceptent en souriant, un peu surpris que nous nous arrêtions dans leur village !

L’un d’entre eux nous accompagne et nous explique que tout le village prépare une grande cérémonie qui a lieu dans deux jours. Les hommes travaillent le bois et font de la peinture, les femmes fabriquent des offrandes. Nous sommes dans une véritable ruche en pleine effervescence !

Mais, notre présence surprend un peu et je sens que les gens ne sont pas très à l’aise... Notre guide improvisé nous présente pourtant à tous mais personne ne semble bien naturel. Du coup, je ne prends aucune photo, je ne veux pas plus, déranger cette intimité villageoise... Dommage, c’est très beau... mais tant pis ! J’ai déjà été bien gâtée aujourd’hui avec mes deux rencontres, non !? Faut pas abuser de la gentillesse des Dieux !

Nous reprenons la route, Chouchou fonce comme une fusée. J’ai pigé le truc pour doubler ! Voui, je double maintenant ! Un petit coup de klaxon et tout le monde se pousse pour me laisser passer ! En sens inverse, ça marche aussi ! Un petit coup de klaxon derrière moi et je me pousse sur le côté ! Elle est pas belle la vie !?

Le Loulou s’inquiète. Le réservoir d’essence est presque vide et nous n’avons vu qu’une seule station depuis notre départ d’Ubud. Bref instant de panique, vite oublié. Je me souviens du conseil des routards sur les forums, "Chercher les bouteilles jaunes" !

Nous n’avons pas besoin de chercher très longtemps, elles sont exposées à la vente sur tous les bords de routes. Encore un métier qu’on ne pourrait pas exercer chez nous ! Ces particuliers, se font un peu de monnaie en vendant ces bouteilles, un chouia plus cher qu’à la station mais c’est de bonne guerre ! Ce système convivial nous permet d’entrer naturellement en contact avec la population, de pratiquer nos rudiments de Bahasia car peu sont ceux qui parlent Anglais, de vérifier notre position, de rigoler de nos perditions et de repartir, heureux, sans la peur panique de la kehabisan bensin ou panne d’essence !

Nous voilà de retour au NuriAni, juste à temps pour voir le soleil se coucher sur les rizières... Trop beau ! C’est l’heure de l’apéro... mais y’a pas de Pastis ! Je crois que c’est le truc qui me manque le plus depuis que nous sommes arrivés ! Un bon petit Pastaga devant ce spectacle magnifique, ce serait vraiment le Paradis !

Nous nous contentons de jus de fruits frais... c’est bon... mais c’est pas pareil !

28 000 rps - l’apéro du soir, bonsoir !

Après une bonne douche et un massage à la crème hydratante (je vous dis pas les coups de soleil sur le scoot malgré la protection +50 utilisée !), nous revoilà partis. Et voui ! Maintenant qu’on est au point au niveau de Chouchou et qu’on craint plus dégun, comme on dit chez nous, eh bé, on ne nous tient plus ! Au NuriAni, sont tous surpris de nous voir repartir aussi vite ! Faut dire qu’on a faim, très faim ! On a encore sauté le repas de midi !

Ce soir, nous allons au Naughty Nuri’s Warung à la sortie d’Ubud. Le Loulou l’a repéré dans le Routard (Voui ! Il lit aussi le routard ! Je reconnais plus mon fils !). Il est écrit qu’on y prépare de très bons burgers à la vache d’ici. Je crois qu’il en a un peu marre de la cuisine locale ! Zou, c’est parti pour le burger ! Mais va falloir attendre car y’a la queue au portillon, peut-être à cause des références "Routard et Lonely Planet" ! Tout un groupe d’américains fait patiemment la queue... Ils attendent que les serveuses débordées leur donnent une table... Ils sont pas rendus ! On se repère un bout de table vide, on se prend deux chaises et on s’installe. Deux anglaises me font signe qu’elles ont compris la méthode, on rigole. Le Loulou commande son burger et moi un petit curry de poulet.

L’ambiance est très joyeuse, nous partageons la table de Japonais fort sympathiques. C’est très cosmopolite ici ! Si le pain n’est pas bien bon me dit le Loulou, la viande grillée, elle, est excellente. Je suis heureuse de le voir se régaler. Mon curry est également très bon.

106 950rps - dîner pour deux soit presque 9€

Nous passons un bon moment avec nos nouveaux collègues Japonais puis repartons en ville à la recherche d’un endroit musical où boire un verre. Ce soir, je pète le feu, on n’est pas couché ! Mais nous ne trouvons pas l’endroit rêvé... par contre, nous tombons par hasard sur un autre spectacle Barong. Le Loulou ne peut s’empêcher de me préciser que c’est pratiquement le même qu’hier soir mais que celui-là, il est à gratos ! A Ubud, tous les soirs et dans toute la ville, les spectacles sont légion... souvent bien meilleurs qu’au Palais Royal et en plus, souvent moins chers ou totalement gratuits !

Mais, tout comme la veille, le minot reste totalement hermétique à la musique Balinaise ! Nous rentrons donc au NuriAni. Je n’ai plus 20 ans et la fatigue commence à se faire doucement sentir après cette belle mais longue journée.

Lorsque nous arrivons, la cour est pleine et résonne des mêmes sons que nous venons de quitter ! Nous ne sommes pas prêts d’aller nous coucher, surtout que l’escalier par lequel nous montons aux chambres est occupé par tout un orchestre Gamelan !

Même avec des bouchons d’oreilles, on ne pourrait pas s’endormir tant les percussions sont fortes et endiablées ! Nous nous installons par terre avec tous les amis du NuriAni et admirons les jeunes filles de la maison, danser et danser encore...

22h30, tout s’arrête d’un coup et tout le monde disparaît comme une flopée de moineaux, à une vitesse surprenante ! Nous gagnons notre lit, bien mérité... et nous endormons comme des bébés, avec tout plein d’images, d’odeurs et de sons...

Des journées comme celle-là... J’en voudrais tous les jours !

Boite à outils

  • Europe
  • Europe

  • Afrique
  • Afrique

  • Amèrique du N.
  • Amérique du Nord

  • Amèrique C.
  • Amérique Central

  • Amèrique du S.
  • Amérique du Sud

  • Asie P.O.
  • Asie Proche Orient

  • Asie M.O.
  • Asie Moyen Orient

  • Asie E.O.
  • Asie Extrème Orient

  • Océanie
  • Océanie

VB pratique

Espace Pub