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Mistoulin et Mistouline en vadrouille en Indonesie - Partie IV

mercredi 14 septembre 2011, par Isadora

22 Juillet 2011

Ubud - Tampaksiring

Nous sommes sur Bali depuis seulement quelques jours mais déjà, on se sent "Comme à la maison !". Même le minot a pris ses marques ! A présent, lorsqu’il se présente, il utilise la formule Balinaise "Saya nama Loulou Putu" ce qui signifie, "Je me nomme Loulou, le premier fils". Cela fait beaucoup rire les gens que nous rencontrons.

A Bali, il n’y a que quatre prénoms, donnés par ordre chronologique de naissance. Putu puis Kadek, Nyoman et enfin Ketut pour le dernier. Pour les filles ou les garçons, c’est pareil ! Si jamais on dépasse le chiffre de quatre, on remet les compteurs à zéro et on recommence ! Quand on pense que par chez nous, on achète des livres qu’on potasse tout du long de la grossesse pour trouver "Le" prénom adéquat ! On devrait adopter le système Balinais ! Ça nous reposerait bravement le teston, pas vrai !?

Tout ça pour dire, qu’on se sent de plus en plus à l’aise en ce monde nouveau et que toute appréhension a disparu. De jour, de nuit, à pied, en scooter, en voiture, dans les lieux touristiques ou pas, on se sent tous les deux, en parfaite sécurité. Même ma situation mono-parentale qui peut parfois générer des situations pas toujours bien agréables en voyages, ne semble ici gêner personne. Si elle suscite une certaine curiosité, elle ne m’attire que des rencontres sympathiques et des discussions très bon enfant. Les Balinais sont d’une courtoisie renversante envers les femmes et les enfants sont adorés de tous. Nous baignons vraiment dans des conditions idéales de voyage. Je suis d’une sérénité que c’est rrrien de le dire, tout en conservant un chouia de vigilance... Faut pas non plus rêver, ici comme ailleurs le côté obscur de la force doit tout autant opérer !

Je sais pas si c’est l’excitation des prochaines découvertes de la journée mais ce matin, je me lève en même temps que mes collègues coqs. Je laisse le Loulou terminer sa nuit et me rends sur le toit terrasse, admirer le paysage sur un soleil qui se lève. Une légère brume enveloppe Ubud, on se croirait dans un tableau du Neka Museum...

A 8h, nous sommes déjà sur Chouchou d’Amour, au milieu des rizières, roulant vers Tampaksiring.

La lumière est magnifique, les couleurs nous éclatent aux yeux comme des petites bombes de plaisir, avec toujours ce vert et ce bleu qui me reposent l’âme...

Pas la peine de vous dire qu’on s’arrête toutes les deux minutes et qu’on bifurque souvent dans d’autres directions que Tampaksiring ! Un drapeau qui flotte au loin, un Meru (tour de bois dans les temples) qui pointe dans la jungle, un attroupement de gens et hop ! Nous voilà partis dans la direction opposée. On perd du temps sur le temps mais on gagne en découvertes et en émotions. C’est déjà le milieu de la matinée quand on arrive à notre premier temple, le Gunung Kawi.

Tampaksiring - Temple de Gunung Kawi

Nous sommes toujours autant surpris par les entrées peu signalées des temples et surtout par des entrées qui n’invitent, justement pas, à entrer ! On se demande toujours si on est arrivé à destination tant les temples ou autres curiosités, sont cachés des regards ! Ici, une placette pour garer Chouchou et une longue rue insignifiante qu’on nous invite à suivre.

On s’aperçoit très vite que c’est la rue des marchands du temple, passage obligé avant l’entrée désirée. Les boutiques sont pour la plupart fermées et c’est tant mieux car nous n’avons pas l’intention d’acheter. C’est l’inconvénient des longs voyages, on peut pas, d’entrée, se permettre des achats superflus. D’abord parce que les sacs on se les porte ou on se les tire, on connaît pas trop les limites de poids sur les compagnies aériennes intérieures et puis le budget, i’faut se le ménager en cas de pépins non-planifiés. Alors on préfère s’abstenir pour l’instant. C’est dommage car il y a beaucoup de belles choses et à pas cher ! Encore une fois, on va faire figure de mauvais clients !

8 460rps - Essence station sortie d’Ubud - 2 000rps - parking Gunung Kawi - 15 000rps - Entrées du Temple.

Au bout de notre rue, l’entrée du temple s’ouvre sur un escalier sans fin (400 marches selon le Routard) creusé dans la roche noire.

Le soleil est déjà brûlant et on se pense le retour, en mode ’remontée’, sous un cagnard encore plus plombé ! Vaï  ! On est du Sud ou on l’est pas !? C’est pas le soleil, même de Bali qui va faire peur à deux Provençaux comme nous, non !? Sans chapeau (on les supporte pas !) mais avec la protection solaire +50 badigeonnée de partout, on craint dégun ! On est tout de même bien content, devant la porte du sanctuaire, de voir que le temple est à l’ombre d’une végétation luxuriante !

Nous sommes encore et toujours, abasourdis par la beauté des lieux où se cachent les temples ! Ici, une vallée encaissée au fond de laquelle coule la rivière Pakerisan. De chaque côté de cette eau qui chante, deux falaises creusées, gravées, se font face avec majesté. Reliées par un petit pont, elles semblent comme suspendues... Trop beau me dit le Loulou... Il a raison.

En Bahasia, Gunung veut dire ’montagne’ et Kawi signifie ’sculptures’, le lieu est simplement bien nommé. Dix portes monumentales sont creusées de part et d’autre des falaises et on se pense de suite, qu’elles ouvrent sur des cavités, des tombes, mais pas du tout ! Ce coup-ci, je me suis un peu documentée avant de venir, histoire de pas avoir l’air trop niaou  ! Les falaises de Gunung Kawi ne sont pas des tombeaux. Pas de corps, pas de cendre, rrrien que des portes qui s’ouvrent sur nulle-part ! Elles auraient été creusées au XI° siècle en l’honneur du roi du coin et de ses épouses ! Le Loulou de me faire remarquer que ce roi-là, i’s’embêtait pas la vie ! Autres temps, autres mœurs, autres cultures, que je lui réponds toujours. Tout un système d’irrigation mène l’eau de la Pakerisan au pied des portes. L’eau comme partout ici, est sacrée, divinisée. Cette eau qui remonte les portes calcaires, imbibe l’esprit des morts, les rendant ainsi, tout aussi sacrés. CQFD ! Sacrée ou pas, cette eau est un vrai plaisir. Nous ne manquons pas de remercier la déesse des rivières pour ses bienfaits rafraîchissants en cette journée où le soleil ensuque plus que d’habitude !

C’est près de cette eau bénie des Dieux que nous apercevons un couple de Balinais, vêtus du costume... traditionnel !?

Ils sont accompagnés d’un photographe et posent comme des statues en ce lieu grandiose qui devient comme qui dirait un écrin pour ces deux perles humaines... Ils sont beaux, si beaux, qu’on en pleurerait presque...

Maman, ti’es folle ! J’ai une mère qu’elle est folle ! Me lance le minot, comme à chaque fois que je m’extasie un peu trop et un peu trop fort ! Faut dire la vérité, ici, je fais rrrien que de m’extasier ! En temps normal, les belles choses simples ou compliquées, me renversent toujours un peu le petit cœur alors dans un pays comme celui-là, je quitte plus le mode ’rafale en extase’ ! J’y peux rrrien, je suis faite comme ça, je m’extasie sans modération ! En plus, ça coûte rrrien et ça irrigue de bonheur, tout le petit corps ! Je m’extasie donc longtemps devant ce couple avec qui j’essaye de communiquer sans grand succès car aucun ne parle anglais. Alors, je passe aux onomatopées et aux sourires qui marchent en toutes circonstances. Le Loulou qui me prend pour le ravi de la Crèche, se carapate discrètement, me rappelant au passage que je lui fais tomber la figure, traduction, je lui fais honte ! Il peut toujours bréguer, moi, je me continue ma petite séance de communication burlesque peut-être, mais fort sympathique ! Et tant pis, si je marque mal aux yeux du minot, ça lui passera avant que ça me reprenne !

J’ai du mal à savoir si le couple pose pour des photos de mariage ou pour un magazine... C’est pas grave, la rencontre est trop belle pour ne pas en profiter ! Je deviens ainsi le deuxième photographe du couple !

Je n’ai pas grand mal à retrouver mon brégueur de fils, le temple, comme tous ceux déjà visités, est vide de touristes ! Pour sûr, on se perdra pas dans la foule !

Nous longeons la falaise sans voir âme qui vive pour nous retrouver devant les cavités que je cherchais. j’ai lu dans un bouquin que le sanctuaire a servi quelques temps comme lieu de retraite à quelques moines bouddhistes.

Au moment où nous allions pénétrer dans ce dédale de pièces creusées dans la roche, nous surgit de nulle part, un gardien ! Celui-là, on l’a pas vu venir ! Nous qui pensions être seuls au monde ! Boudie, i’nous a fait une brave peur ! Gentiment, il nous rappelle qu’il faut se déchausser en ces lieux devenus sacrés après le passage des Saints Hommes ! On s’exécute et on s’engouffre avec joie, pieds nus, dans cet endroit si frais par cette chaleur si lourde...

Le Loulou n’a plus peur des serpents, des insectes rampants, des chauve-souris qui s’accrochent aux plafonds, de l’eau stagnante et des moustiques... Bref, il a plus peur de dégun et c’est devant, qu’il marche comme un bon petit moine ! Quel changement après les craintes multiples du début de séjour. C’est encore un miracle où je m’y connais pas !

C’est ainsi que nous terminons notre visite, en retrouvant les falaises sculptées toujours aussi majestueuses.

Avant même que nous retrouvions nos 400 marches à grimper, une femme me fait de grands signes dans la rizière d’en face ! On comprend très vite qu’elle veut qu’on la suive ! Pour aller où !? On sait pas ! Pour faire quoi ? On sait pas. Mais franchement !? Les questions, même pas on se les pose ! Nous voilà à faire demi-tour pour la rejoindre. On s’engage dans les rizières qui nous rappellent nos mésaventures de Tanah Lot...

On arrive alors devant une espèce de barrière faite de branches de cocotier, négligemment posée sur le chemin... C’est là, que nous attend notre petite dame souriante à souhait ! Elle nous fait encore signe de la suivre après avoir pris soin d’enlever cette barrière improvisée. A la queue leu leu, nous continuons la balade dans les rizières avec elle.

En chemin, après toutes les questions habituelles, elle me raconte dans un anglais simple mais très compréhensible qu’elle est maman de trois enfants et qu’il est difficile de tous les nourrir. Je comprends qu’elle attend de moi, un peu d’argent. Si dans les livres et les forums, j’ai lu et relu qu’il ne fallait pas encourager la mendicité... je n’assimile pas ce procédé à de la mendicité. Après tout, je suis à la recherche d’insolites et de spontanés en pays inconnu et pauvre. Cette petite dame, ne roule pas sur l’or, travaille toute la journée penchée sur ses rizières et connaît le coin comme sa poche ! La preuve, elle nous mène à une cascade qu’on n’aurait jamais trouvée sans son aide ! Pour moi, c’est un prêté pour un rendu et c’est volontiers que je lui fais une petite donation tout comme je la fais dans les temples. Elle repart avec un grand sourire, nous laissant seuls dans ce petit coin de paradis que nous apprécions longuement.

Sur le chemin de retour, je fais ma boulette ! Comme toujours, j’en rate pas une ! A force de tourner la tête dans tous les sens pour admirer le paysage, je manque pas de me refaire la glissette jambe gauche dans la rizière ! Elle me manquait celle-là ! Trempée et noire jusqu’au mollet ! C’est clopin-clopant que j’arrive devant les falaises et surtout devant l’eau sacrée qui devient ma salle de bains personnelle !

C’est à ce moment-là qu’une flopée de touristes arrive ! Et tous, de me demander les uns après les autres, s’il est permis de se tremper dans les bassins ! Le Loulou est mort de rire. J’ai beau leur expliquer à tous que je suis tombée dans la rizière et que c’est un cas de force majeure si je me fais un bain de pantalons, ils se déchaussent tous et commencent un bain de pieds en rang d’oignons. Pour le coup, c’est moi qui tombe la figure. J’ai déclenché le bain général sans le vouloir ! Zou maï, qu’on s’en aille, je vois déjà les gardiens arrivés de toutes parts !

C’est mort de rire qu’on se remonte les 400 marches de retour. Ma manche de pantalon pèse une tonne, imbibée d’eau sacrée et je marche comme un canard ! On dirait une vraie peuchère mais comme dit mon fils, ça te change guère, maman ! Et c’est reparti à rire comme des fadas. Mais tous ces rires, ça fatigue et ça donne soif ! Pas moyen de garder une bouteille fraîche ici alors on s’arrête au Kafe Kawi juste à l’entrée du temple. Cette fois-ci, on va essayer les oranges Balinaises.

51 000rps - deux jus... c’est presque aussi cher qu’un dîner au Dewa...

Les jus sont frais et délicieux alors on va pas rechigner le prix... la vue est époustouflante, au-dessus des rizières et elle doit être forcément comprise dans le prix !

Nous retrouvons Chouchou d’Amour, bien garé mais au soleil ! Je vous dis pas les popotins grillés façon steaks à la braise qu’on se fait en l’enfourchant ! Ne jamais garer un scooter au soleil, ça peut être dangereux ! On le laisse un peu refroidir à l’ombre, tout en entamant une énième pétée de rires sur ce nouveau sujet d’hilarité ! Le loulou est intarissable sur les boulettes grillées, les saucisses grillées et je vous épargne la totalité du chapelet ! Un moment mémorable qui se prolonge même sur la route en direction de Tirta Empul et qui s’amplifie à l’annonce d’un phénomène qui m’arrive pour la toute première fois ! J’ai les pieds qui fument ! La phrase manque de nous faire aller dans le fossé tant le Loulou éclate d’un rire vibrato grosso. Voui ! La franche vérité, j’ai comme les pieds qui fument ! Une chaleur terrible à l’intérieur et à l’extérieur, la peau rouge écarlate, les extrémités gonflées comme des boudins se terminant par des billes pleine d’eau... bref, tous les symptômes d’un coup de soleil, surnaturel ! Pas sur les bras, pas sur les mains, pas sur la figure... sur les pieds ! Pour de bon je me le choppe là !? Le Loulou est mort de rire mais je suis rassurée de voir qu’il n’a rien. La protection +50 a l’air de mieux fonctionner chez lui que chez moi et c’est tant mieux car je vous dis pas ce que je déguste ! La visite de Tirta Empul s’annonce douloureuse...

Tampaksiring - Temple de Tirta Empul

Dès notre arrivée au temple, on sent, de suite, que ce n’est pas un temple comme les autres. Adieu la désertitude ! Des dizaines d’autocars sont garés sur l’immense parking par lequel nous arrivons. Mais, les gens qui en descendent, sont tous Balinais.

22 000rps - Entrées du Temple

En fait, nous sommes devant le Lourdes Indonésien. On ressent immédiatement en empruntant le chemin des fidèles, une ferveur toute particulière.

J’ai bien du mal à marcher avec mes pieds tout gonflés mais rrrien ne m’empêchera de suivre le rituel. Cette visite, je la prépare depuis trop longtemps pour me la voir gâchée par un simple coup de soleil ! J’ai même préparé le Loulou, c’est pour vous dire combien ce temple est important pour moi ! Nous venons nous purifier dans les eaux sacrées de la Déesse de la guérison. Rrrien que ça ! Rassurez-vous, on n’est pas malade ! A part mes pieds qui virent Red Hulk, tout va bien ! Mais, nous savons le minot et moi, pour avoir côtoyé de très près les maladies longues et sans issue... qu’une petite protection divine... c’est toujours bon à prendre ! Et puis je sais pas vous, mais moi, y’a des lieux qui me parlent et qui me répondent ! Rigolez pas de mon côté mystique sinon Hati-Hati à vous ! Faut pas rire des choses qu’on comprend pas et qui dépassent souvent l’entendement. Si des milliers de personnes viennent ici depuis la nuit des temps se purifier à cette source, c’est qu’elle a bien quelque chose de particulier ou alors à Lourdes, ici ou ailleurs, sont tous des fadas illuminés ! Moi, je préfère me penser qu’il y a des choses qu’on n’a pas besoin de comprendre mais simplement de sentir et là, je sens quelque chose de très fort. Même le Loulou, il est tout émotionné lorsque nous pénétrons dans l’enceinte des bassins sacrés. L’autel croule sous les offrandes.

Nous nous asseyons discrètement au milieu de la foule et on décide, avant de nous lancer, d’observer tout bien ce qu’i’faut faire pour pas commettre d’impairs ! Après tout, on n’est pas du coin  !

Après avoir déposé les offrandes avec un bâton d’encens pour qu’elles arrivent bien à destination, on entre dans un bassin et on commence les rites purificatoires sous chacune des bouches d’eau sacrée. On commence toujours de la gauche vers la droite, la dernière bouche étant la plus importante. Sous chaque jet d’eau, on doit prier la déesse et se mouiller trois fois la figure puis chaque partie du corps qui n’est pas sous l’eau et on termine par une immersion totale. C’est parti, je me lance !

Le Loulou préfère attendre encore un peu, histoire de bien comprendre le rituel. Voui, je crois plutôt qu’il veut immortaliser photographiquement parlant, le moment où je vais faire ma prochaine boulette  ! Du style, me rétamer sur les pierres bien pleines de mousses glissantes ou me noyer dans le bassin ! C’est bien du style à mon fils ! Toujours à l’affût de la moquerie qui ne fait rire que lui !

Bababaou ! Au début, je vous cache pas que l’entrée dans le bassin, ça surprend un peu. Le sol est particulièrement glissant, la mousse verte pas très agréable sous les pieds et en plus d’énormes poissons de toutes les couleurs circulent entre les jambes ou viennent embrasser le bout des pieds. Les miens étant hypers douloureux, c’est franchement pas le pied, c’est le cas de le dire !

J’attends mon tour, derrière le premier jet d’eau. Devant moi, une dame d’un certain âge ne me sourit pas mais me regarde intensément. Je dois avoir des hallucinations auditives car j’ai comme l’impression qu’elle me demande de faire tout pareil à elle et qu’ainsi, le rituel sera parfait ! Si mon fils m’entend penser, il a pas fini de dire que sa mère, elle est folle ! Vaï, je vais me faire la Jeanne d’Arc Indonésienne ! Et me voilà à suivre mes voix et surtout mon instinct. Pas à pas, je reproduis les gestes de mon implicite professeur et vous le croirez si vous voulez, au fil des jets, au fil de ses incantations à elle et de mes pensées positives à moi... éh bé... mes pieds me font plus mal du tout !

Chaque immersion me lève d’un poids que je me connaissais pas, chaque jet d’eau m’apporte une sérénité toujours plus grande... Je ne regarde plus mon professeur et continue mon parcours quasi initiatique, seule avec mon cœur et mon âme, plus rrrien n’existe autour de moi... Que du bonheur !

Vous rigolez ! Si, vous rigolez ! Je le sais parce que quand je me relis, je rigole aussi ! J’ai l’air d’une vraie fadade illuminée, je sais ! J’ai l’habitude et ça me gêne guère !

Sortie des bains rituels, c’est le Loulou qui se lance à son tour. Il a bien eu tout le temps d’observer les choses et surtout de bien se moquer de sa pauvre mère. Il rit comme un bossu en se jetant à l’eau mais, curieusement, dès qu’il se retrouve devant les jets d’eau sacrée... c’est avec application qu’il rend hommage à la Déesse... Tellement bien que j’en reste comme deux ronds de figue !

Et puis c’est plus de l’application, ça devient de l’assiduité. Le voilà qui me refait trois fois le passage rituel ! Si ! Véridique ! J’en suis à me demander s’il invoque vraiment la Déesse ou s’il ne confond pas le bassin avec un SPA !

Alors que nous entrons presque en méditation, assis sur les marches des bassins, deux couples d’occidentaux nous rejoignent. L’un franchement sympathique avec qui nous discutons longuement, l’autre un tantinet prétentieux qui non seulement n’engage pas la conversation mais se tape l’incruste pour pas se retrouver seul au milieu des autochtones ! C’est ce que j’appelle l’effet "Arapède". Une arapède en Provençal du bord de mer, c’est un petit coquillage conique qui s’accroche sur les rochers près de Marseille. Faut toujours qu’il se colle aux autres et d’une force que tu peux le décoller qu’avec un couteau et des biscotos !

Avec notre jeune couple sympathique plus les arapèdes qui nous suivent comme des sangsues muettes, nous sortons de l’enceinte des bains. Il est formellement interdit de confondre les bassins sacrés avec des piscines ! C’est habillé d’un sarong qu’on y plonge et c’est avec un sarong tout mouillé qu’on en ressort. Des vestiaires pour se changer sont à disposition mais le nombre de fidèles est si important aujourd’hui, qu’ils sont tous pleins. Alors, nous voilà partis groupir en quête d’un lieu isolé pour se changer en toute discrétion. On s’installe près de la rivière comme des chapakans enroulés dans nos serviettes, au milieu des canards et des enfants qui rient de nous voir si pudiques ! Un petit pont nous sert de fil à linge pour nos sarongs qui doivent impérativement sécher avant notre entrée au Temple. On en profite pour faire plus ample connaissance avec notre jeune couple qui vient juste d’arriver à Bali. Comme nous, ils séjournent à Ubud et louent un scooter pour visiter les alentours. Comme nous, ils sont sous le charme de l’île. Ils nous envient notre long séjour qui nous permet de pousser l’aventure jusqu’à Flores et les dragons de Komodo. On s’échange quelques adresses et tuyaux, puis nos sarongs secs, chacun reprend le cours de sa visite et de sa vie.

C’est tout purifiés que nous entrons dans le temple où les gardiens s’affairent à recevoir encore et encore des offrandes de la part des fidèles.

Un officiant est assis sur un petit promontoire à chapiteau et fait des incantations au son d’une cloche, tout en agitant des bâtons d’encens tout autour de lui. Je suppose que les paroles s’envolent jusqu’à la Déesse sur ces volutes qui sentent si bons... Comme les fidèles sont assis par terre, nous faisons de même et suivons chacun de leurs gestes. Mains jointes au-dessus de la tête, on présente chaque don à la Déesse, toujours au son de cette cloche qui rythme la présentation des offrandes. A chaque interruption de cloche, on se prosterne devant la Déesse qui n’est représentée nulle part sinon dans l’eau des bassins dans l’enceinte qui est derrière nous. On suit le rituel jusqu’à la présentation de toutes les offrandes. Puis, un deuxième officiant nous asperge d’eau sacrée avec une espèce de pilon, puis colle une pincée de riz sur le front de chacun. A ce moment-là, tout le monde se lève et va offrir son panier d’offrandes sur un autel. Ceux qui le veulent, repartent avec des bidons d’eau sacrée qu’ils emportent chez eux.

Tout ce cérémonial est très émouvant. Il règne une communion que j’ai rarement ressentie dans les églises ou autres lieux de culte... Seuls bémols, certains touristes qui ne jouent pas le jeu du respect. Ils parlent fort, prennent en photos les fidèles comme des bêtes curieuses et bousculent tout le monde pour prendre la photo à ne pas manquer... Qué misère ! Avec le Loulou, on se carapate très vite afin de ne pas être assimilés à cette horde de sauvages qui nous fait bravement honte !

Après les bassins et le temple, nous partons pour un dernier hommage à la Déesse de la guérison, à sa source même, là où l’eau surgit des profondeurs de la Terre.

C’est heureux que nous regagnons Ubud par tout plein de jolis petits villages. On chante à tue-tête des chansons de Claude François, de Julien Clerc... qu’on doit vraiment nous prendre pour des fadas  !

Nous terminons la journée au Bendi’s sur la Monkey Street, un petit warung qu’on nous a conseillé. Le Loulou est affamé et plein d’inspiration ! Il se met à écrire dans mon carnet de voyage. C’est du jamais vu ! Il lit et il écrit sans y être forcé ! Si ça, c’est pas encore un miracle !

Bon, faut pas rêver, c’est pas encore Shakespeare ! "Maman est tombée dans la vase, trop drôle ! Balade en scooter, trop mortel". Y’a encore des progrès à faire mais c’est un bon début !

Mais la bonne humeur disparaît totalement à l’approche des assiettes ! On se demandait pourquoi ça sentait pas la cuisine, pour sûr c’est du réchauffé de chez réchauffé-réchauffé ! Bababaou quelle déception ! Les brochettes, elles cassent les dents, le Nasi Campur il a pas de figure et les French chips elles sont pas cuites ! Beurk de beurk me dit le Loulou dépité et toujours affamé.

66 000rps - dîner au Bendi’s

Le routard nous conseille le Tropical View Coffee pour ses gâteaux qui feraient "rougir une mamie Anglaise" ! On fonce sinon le minot i’va tomber d’inanition ! Mais c’est encore une grosse déception. Le routard i’doit pas connaître les mamies anglaises. Nous, oui !

19 800rps - deux gâteaux au Tropical View Coffee

Ce soir, c’est un jour ’sans’ ! On peut pas gagner à tous les coups ! On va dire qu’aujourd’hui, on s’est entièrement nourri de denrées spirituelles ! Parle pour toi, me répond le Loulou toujours affamé, en s’endormant... tandis que mes pieds recommencent... à fumer !

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