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Quand le tourisme prend des proportions inquiétantes

mercredi 27 février 2008, par Cyril

Pour beaucoup de gens la notion d’écotourisme reste encore quelque chose abstrait. Ci-dessous, un article" Terrain glissant " pris sur Hades-presse
qui montre les débordements que cela peu engendrer.

Terrain glissant

Machu Picchu, son las cinco, es la hora !" Cinq heures du matin dans les couloirs de l’une des dizaines d’hospedaje (hôtel bon marché) d’Aguas Calientes, et pas question de trainer. Pour ceux qui ont choisi de passer la nuit dans la petite bourgade en contrebas de la légendaire cité inca, il s’agit d’arriver parmi les premiers sur le site. Pour voir, une fois dans sa vie, le soleil se lever sur les ruines vieilles de cinq siècles. Mais surtout pour éviter la procession de touristes que déverseront, un peu plus tard dans la matinée, les premiers trains arrivés de Cuzco, à quatre heures de là. Alors qu’il y a à peine trente ans seuls quelques taxis se risquaient sur la piste tortueuse qui mène au site, c’est maintenant un incessant ballet de minibus qui déverse chaque jour de 2000 à 3000 visiteurs sur l’antique citadelle.

Oublié le gardien débonnaire qui actionnait une barrière en bambou : passé la billetterie automatisée, les groupes sont pris en charge par une trentaine de guides. Et se croisent dans les escaliers en pierre ou sur l’ancien sanctuaire, chaussures de randonnée aux pieds et appareil photo en bandoulière. Pour eux, quelques heures durant, le temps sera comme suspendu. Sauf qu’aujourd’hui, pour que le site survive, il y a urgence. Ses 800 000 visiteurs annuels ne menacent pas seulement la citadelle, qui pourrait être emportée par un glissement de terrain, puisqu’à force d’êtres foulées les pierres se descellent. C’est toute la vallée de l’Urubamba qui en subit les conséquences. En avril 2004, deux coulées de boue avaient causé la mort de neuf habitants à Aguas Calientes. En cause ? Les constructions anarchiques d’hôtels, de restaurants et de boutiques de souvenirs.

Soutenabilité.

  • Pour symbolique qu’il soit, le cas du Machu Picchu n’est pas isolé. À plusieurs centaines de kilomètres de là, en Bolivie, le salar d’Uyuni – un désert de sel de près de 12 000 km2 – subit lui aussi les assauts des touristes. Ou plutôt des roues des 4x4 , dans lesquels ces touristes parcourent, à 4000 mètres d’altitude, ce saisissant désert blanc. Sauf que, à la différence des autorités péruviennes, le gouvernement bolivien a décidé d’encadrer strictement cette pratique. Avec, pour maitre mot, la soutenabilité, c’est-à-dire la nécessité de satisfaire les besoins des touristes actuels, sans compromettre le droit des générations futures de satisfaire les leurs. Concrètement, seule une grosse dizaine de véhicules est autorisée à sillonner l’étendue immaculée.

Péril.

  • Sur le parking des minibus, à l’entrée du Machu Picchu, Sonia attend de pied ferme les visiteurs. Étudiante à Lima, elle est, pour quelques mois, guide touristique. Elle, ce qui la dérange dans cette invasion, c’est que "les touristes veulent absolument voir le Machu Picchu… mais ne sont prêts à aucun effort pour ça !" : "Venir à l’autre bout du monde en comptant y trouver le même confort que chez soi, moi, je comprends pas !"

À quelques pas à peine, les plus fortunés d’entre eux sortent de l’hôtel construit sur le site même du Machu Picchu, qui offre ses chambres pour un minimum de 300 dollars la nuit. Un regard plus tard, Sonia poursuit : "Il faut que l’Unesco envoie un signal fort. C’est seulement s’il a peur de sanctions que le gouvernement agira." Difficile de lui donner tort : à chaque menace de l’agence de l’ONU d’inscrire le site sur la liste des 3 sites en péril du Patrimoine mondial de l’humanité, le Pérou a franchi une étape supplémentaire dans la mise en œuvre d’un "plan de sauvegarde".

Double tranchant.

  • Derrière des montagnes de documents présentant des projets venus du monde entier, Fernando Astete, l’un des directeurs du site, peine à admettre la réalité. Tout au plus concède-t-il : "Si une étude démontre qu’il y a un risque à recevoir les 2500 visiteurs quotidiens, alors nous ferons des ajustements." Manifestement, Sonia est plus renseignée que son supérieur : "L’Unesco recommande qu’il y ait au maximum 800 visiteurs par jour. Qu’est-ce qu’ils attendent pour prendre des sanctions ?" Mais cette cause peine à se faire entendre face aux 40 millions de dollars que rapporte chaque année le Machu Picchu à l’économie péruvienne. Manne pourtant menacée à court terme : combien d’années à vivre encore pour cette cité plusieurs fois centenaire ?

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